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APRES LES VIOLENCES POLICIERES, A TAM TOA.


07.07.2009

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L'ETOILE CONTRE LA CROIX

Libération des fidèles de Tam Hoa, même si le problème de fond reste en entier. Disputes autour d'un terrain appartenant à l'église : la police réprime violemment la mobilisation de tout le diocèse de Vinh (Nord Vietnam) et blesse grièvement deux prêtres.

  

Accusations du journal Nhan Dan, du Parti Communiste Vietnamien.
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Tam Hoa, Vietnam 7/9/09 -  L’évêque de Vinh prend acte de la libération des fidèles de Tam Toa mais appelle le diocèse à rester solidaire dans la prière.
(dépêche de Eglises d’Asie)
 
Après la violente opération policière menée contre un groupe de catholiques sur les ruines de l’église de Tam Toa (Quang Binh), le 20 juillet dernier, et les dix-neuf arrestations qui avaient suivi (1), des calicots avaient été suspendus au-dessus du porche de toutes les églises du diocèse de Vinh, demandant la libération immédiate de tous les chrétiens arrêtés. Dans la matinée du 4 septembre dernier, l’évêque du diocèse, Mgr Paul Marie Cao Dinh Thuyên, a fait publier un communiqué destiné au clergé, aux religieux et aux fidèles :
« Après le 20 juillet 2009, dix-neuf de nos frères, fidèles de Tam Toa, ont été frappés et arrêtés, une croix et des biens appartenant à l’église et aux fidèles de la paroisse ont été injustement accaparés. La totalité du diocèse est entrée en communion de prière avec Tam Toa. Pour rappeler à tous qu’ils doivent faire confiance au Seigneur et se montrer solidaires, toutes les églises de notre diocèse ont affiché au-dessus de leur porche l’inscription suivante : « Prions pour les fidèles de Tam Toa frappés et arrêtés par la Sécurité du Quang Binh ».
Aujourd’hui, les dix-neuf fidèles arrêtés de Tam Toa ont tous été libérés. Nous remercions le Seigneur et les paroisses feront disparaître les inscriptions. Cependant, jusqu’à présent, les biens de l’église et des fidèles de Tam Toa n’ont pas encore été restitués en totalité. Nous demandons aux autorités du Quang Binh d’assurer la justice.
Nos frères et sœurs, frappés et arrêtés, et surtout les deux prêtres sauvagement agressés à Dông Hoi (Quang Binh), ont été gravement traumatisés aussi bien dans leur corps que dans leur esprit et ont encore besoin de soins. Nous continuerons à prier pour que les prêtres et les fidèles de Tam Toa se rétablissent et, rapidement, retrouvent une vie normale. »
 
Ce communiqué pourrait être le signal d’un retour au calme dans cette région même si, pour le moment, aucun des problèmes en suspens n’a trouvé de véritables solutions. Les catholiques ont montré leur possibilité de mobilisation : 250 000 d’entre eux étaient au rendez-vous autour de l’évêché pour la fête patronale du 15 août. Ils ont en même temps démontré leur sens de la discipline. Aucun débordement n’a été déploré nulle part.
 
Pour sa part, le gouvernement n’envisage, semble-t-il, aucune autre solution à l’affaire de Tam Toa que celle qui a déjà été donnée aux deux autres affaires de la Délégation apostolique et de la paroisse de Thai Ha, à savoir la transformation du terrain contesté en jardin public. Le 21 août 2009, le Comité populaire de la ville de Dông Hoi a entamé des travaux destinés à créer un jardin public derrière le clocher de l’église en ruines. Quelque 800 millions de dôngs (31 000 euros) ont été investis pour élever des barrières, planter des arbres, aménager des pelouses et des chemins de promenade. Selon les prévisions, ces travaux auraient dû être achevés pour la fête nationale du 2 septembre 2009. Selon un article paru dans Saigon Giai Phông, les travaux entrepris devraient embellir les sites et y attirer des touristes.
 
(1)           Voir EDA 512

 
 
VIETNAM NORD, 30/7/09 - TENSIONS ENTRE LA POLICE ET LE DIOCESE DE VINH.
 
Dispute autour d'un terrain appartenant à l'église : la police réprime violemment la mobilisation de tout le diocèse de Vinh (Nord Vietnam) et blesse grièvement deux prêtres.
 
Dix jours après la violente attaque policière contre la communauté paroissiale de Tam Toa, le climat des relations entre catholiques et forces de sécurité, loin de s’apaiser, n’a cessé de se détériorer au cours de ces derniers jours.
 
Dimanche 26 juillet, la mobilisation des 19 doyennés du diocèse de Vinh, second plus grand diocèse du Vietnam après celui de Xuân Lôc, a été complète. Cent soixante-dix prêtres, 420 religieuses et un demi-million de fidèles se sont rassemblés pour des protestations pacifiques en solidarité de prière avec la paroisse de Tam Toa ; selon certains commentateurs, cette manifestation populaire est la plus importante qu’ait jamais connue le Vietnam. Des heurts entre les communautés catholiques et les forces de l’ordre ont eu lieu ; plusieurs prêtres ont été l’objet d’agressions délibérées de la police et deux d’entre eux ont été grièvement blessés.
 
Depuis l’attaque policière du 20 juillet, la paroisse est devenue, en quelque sorte, un lieu de pèlerinage où des délégations paroissiales, souvent nombreuses, viennent prier et exprimer leur solidarité avec cette communauté agressée. Dimanche dernier, c’est l’ensemble de la population catholique du diocèse qui s’est regroupée dans chacun des doyennés pour des célébrations et des rassemblements de prière. En certains endroits, le nombre des participants dépassait les 40 000 personnes. Au-dessus de la porte d’entrée de l’évêché et du porche des églises du diocèse, on pouvait lire sur des écriteaux géants des protestations contre les violences infligées à la communauté de Tam Toa et des demandes de libération des paroissiens arrêtés.
 
En certains lieux, la police, accompagnée de groupes d’hommes de main recrutés par elle, s’est montrée particulièrement agressive. Plusieurs prêtres ont été victimes de cette violence. Dans la matinée du 27 juillet, le P. Paul Nguyên Dinh Phu, curé de Du Lôc, faisait partie d’un groupe de quatre prêtres et d’environ 100 fidèles en visite à Tam Toa. Alors que les pèlerins essayaient de pénétrer sur le terrain de l’église en ruines, une rixe éclata entre eux et les policiers gardant les lieux, certains en uniforme, d’autres en civil. Alors qu’il se portait au secours d’une femme tabassée par les policiers, le prêtre fut lui-même pris à partie et frappé à la tête et au visage par une trentaine de policiers. Il a été alors transporté à l’hôpital. Dans l’après-midi du lendemain, le P. Pierre Ngô Thê Binh, au nom de l’évêché, avait pris rendez-vous avec un haut fonctionnaire dans l’établissement où était soigné son confrère victime de l’agression policière de la veille pour essayer de régler sa situation. Au sortir de l’hôpital, le prêtre est tombé dans une embuscade tendue par une centaine d’hommes de main des autorités. Il fut, lui aussi, violemment agressé, jeté à terre et laissé gisant sur le sol. Le P. Binh est aujourd’hui soigné pour de multiples blessures au Centre de santé de Xa Doai. Le P. Phu est également traité pour de multiples traumatismes dans un autre hôpital de la province. D’autres incidents du même type ont été également signalés en plusieurs endroits.
 
Tout au long de ces jours de crise, l’évêché de Vinh a joué un rôle prépondérant dans le mouvement de protestation contre les violences policières. Des communiqués émanant de lui ont établi la version authentique des faits et ont réfuté soigneusement les fausses accusations portées par les médias officiels. Le 29 juillet, une rumeur laissait entendre que les huit fidèles encore en prison allaient être libérés. L’évêché faisait alors savoir que si cette libération avait lieu, les fidèles relâchés seraient alors soigneusement examinés par des médecins pour déterminer la nature de leurs blessures et du traitement qu’ils ont subis. Cependant, beaucoup de personnes pensent que cette nouvelle est colportée dans le but de calmer les esprits, les journaux gouvernementaux continuant de publier de graves accusations contre les prêtres et les fidèles du diocèse de Vinh et d’annoncer l’ouverture d’un procès contre les sept fidèles de Tam Toa (dépêches diffusées les 21, 22 et 24 juillet 2009).  Par ailleurs, la population de cette paroisse, comme celle d’un certain nombre d’autres dans le diocèse, est toujours étroitement surveillée par la police et isolée des autres communautés catholiques.
Eglises d'Asie, 30 juillet 2009



VIETNAM : OUVERTURE D’ UNE ENQUETE JUDICIAIRE CONTRE DES CATHOLIQUES

 
VietCatholic News (24 Jul 2009 17:46)
 
Sept fidèles de la paroisse de Tam Toa (ville de Dong Hoi, province de Quang Binh) ayant participé, le 20 juillet dernier, à la sévère confrontation entre la communauté catholique et les forces de l’ordre vont être traduits en justice. Selon les journaux Sai Gon Giai Phong et Công An Nhân Dân du 23 juillet qui citent le vice-directeur de la Sécurité de la province de Quang Binh, ils seront inculpés de « constructions illégales », de « troubles à l’ordre public », d’opposition à des agents dans l’exercice de leurs fonctions, de jets de pierres contre la population locale, le tout en un lieu classé comme « vestige de crimes de guerre ».
 
Le terrain d’Eglise sur lequel les paroissiens de Tam Hoa édifiaient un bâtiment provisoire pour abriter les cérémonies religieuses supportait aussi les ruines de l’ancienne église (à savoir quatre murs et un clocher), détruite par un bombardement américain en 1968 au plus fort de la guerre. Ce lieu a été soigneusement conservé en l’état par les autorités publiques et faisait même partie de certains circuits touristiques centrés sur les souvenirs de la guerre du Vietnam. De ce fait, pendant longtemps, le culte catholique avait été interdit dans ces lieux.
 
Le journal saïgonnais donne la liste des personnes, hommes et femmes, traduites en justice. La plus jeune a 21 ans, le plus âgé 56 ans. Le même organe de presse officiel précise que les inculpés ne seraient pas tous de la région où a eu lieu la bagarre et auraient reconnu « leurs actions erronées ». Selon des déclarations recueillies, le 23 juillet, par la BBC (émission en langue vietnamienne), à cette date, les responsables de l’évêché de Vinh n’avaient pas encore été avertis officiellement de ces inculpations. Ces derniers ont également informé la radio britannique de la libération de plus de la moitié des 19 personnes arrêtées dans la matinée du 20 juillet. Le 23 juillet, il ne restait plus que sept fidèles en prison, sans doute les sept mis en examen. L’évêché de Vinh compte assurer de son mieux la défense des inculpés et leur procurera les services d’un avocat.
 
Dans une lettre envoyée, le 22 juillet, des Etats-Unis où il est en voyage, l’évêque de Vinh se déclare extrêmement peiné par les souffrances endurées par les paroissiens de Tam Toa blessés et arrêtés par la police. Il prie le Seigneur pour qu’ils gardent le courage jusqu’au bout. Par ailleurs, il affiche une confiance pleine et entière dans les responsables de l’évêché pendant son absence. Il est également convaincu de l’ardeur que sauront manifester à cette occasion les prêtres du diocèse et ses quelque 500 000 fidèles.
 
(Source: Eglises d'Asie)
 
 

EGLISE DE TAM TOA (NORD VIETNAM)


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Toutes les informations de cette page viennent s'Eglises d'Asie, des Missions Etrangères de Paris.

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