La construction de l’Eglise Saint-Défendent, commencée le 31 janvier 1875, était terminée 10 mois après, avec une dette de quinze mille francs, dont 7 sept mille pour l’achat du terrain. Le 21 novembre, la première messe a eu lieu en présence de Monseigneur Place, évêque de Marseille, cela grâce au dévouement de Monsieur Goirand, curé de la paroisse du Rouet, qui s’étendait alors jusqu’au quartier du boulevard Gilly. Le 5 décembre, Monsieur Fabre, curé des Olives fut choisi comme premier prêtre chargé de cette église vicariale. Il sera plus tard curé du Rouet, puis évêque du diocèse.
Le 9 novembre 1876, par une ordonnance de Mgr Place, le quartier de Saint-Défendent est devenu, à part entière, une paroisse de ville. Le 20 novembre, c’est en une église « complètement nue, avec une modeste chaire provisoire, un confessionnal d’occasion, un banc d’œuvre d’emprunt, un tapis composé de divers morceaux disparates » (Abbé F. Blanchet, 1911) que Mr Goirand est officiellement installé curé de la nouvelle paroisse.
Le 17 décembre 1995, entouré de nombreux prêtres du diocèse, de fidèles et amis de la paroisse, des membres de la Communauté Catholique Vietnamienne de Marseille, Mgr l’Archevêque Bernard Panafieu célèbre la messe d’action de grâce pour le 120e anniversaire de cette petite église qui a vu passer des générations de chrétiens.
Depuis plus d’un siècle, à travers des périodes plus ou moins difficiles de l’histoire, l’église est toujours debout, grâce à une foule de dévouements de celles et ceux qui, pratiquants ou non, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que soient toujours consolidées les valeurs de justice, de paix et de fraternité dans le quartier.
Il y a trois jours nous fêtions saint Maurice et ses compagnons, valeureux militaires et martyrs pour la foi. Toute la Légion Thébaine, basée dans le Valais, va être décimée sur les ordres du violent et impie Maximien-Hercule. Nous sommes en 303, juste 11 ans avant la paix constantinienne. Plus de 6000 soldats, venus d'Egypte. Natifs de Thèbes, ville aux cent portes dont on dit que ses habitants ont une grande taille, qu’ils sont adroits à manier les armes, intrépides dans les combats, d'un caractère éclairé et très riches en sagesse. Ces hommes, convertis au christianisme, refusent d'obéir aux ordres et de massacrer les chrétiens de la région. "Nous ne pouvons vous obéir en renonçant à Dieu notre créateur et notre maître" dit au nom de tous Maurice. Un carnage organisé s'en suit. L'horreur du spectacle est réprouvée par les païens eux-mêmes. Saint Ambroise, évêque de Milan en 374 parle ainsi de ces martyrs du début de son siècle : «Cette troupe de fidèles, éclairée de la lumière divine, vint des extrémités du monde pour vous adresser, Seigneur, ses supplications ; cette légion de guerriers, protégée par ses armes matérielles, était aussi bien défendue par les armes spirituelles, quand elle courut au martyre avec la plus généreuse constance…La ferveur, au reste, les animait, au point qu'ils se dépouillent de leurs armes, fléchissent le genou et reçoivent les coups de la main des bourreaux avec la joie au cœur.» Parmi tous ces martyrs, amis de Maurice, il y a Exupère, Candide, Victor, Innocent, Vital et Defendente. Ce dernier sera peut-être dans les derniers suppliciés puisque sa fête est au 25 et non au 22 septembre. Quelques années plus tard, les corps de Défendant et de ses compagnons sont révélés à un évêque de Sion nommé Théodore. Rapidement son culte se répand dans tout le Piémont, où de nombreux lieux de culte lui sont encore dédiés. Une tradition de la Gaule antique rapporte un récit un peu différent (qui pourrait d’ailleurs expliquer la différence du chiffrage des morts de cette Légion) : A l'heure du massacre une partie de cette armée thébaine était en mission. Thyrce et ses soldats, avaient été envoyés sur les bords du Rhin, Défendant et ses compagnons, aux abords du Rhône. Les cruels Rictovarius (celui-là même qui mettra à mort saints Quentin, Crépin et Crépinien et tant d’autres) et Maximien savent que cette armée entière est chrétienne. Ils n'auront de cesse de les avoir rejoints pour leur faire subir le même sort qu'à Maurice. Thyrce aussi bien que Defendente ne cherchent pas à fuir. Ils ont appris le sort de leur camarade à Agaume. Ils se présentent à leurs juges sanguinaires. Defendente affirme : "Nous ne sommes pas venus d'Orient pour être des bourreaux, mais pour gagner des victoires." Cette insolence paisible provoque la fureur du procureur. Ils sont tous massacrés sauvagement. Leur courage fait l'admiration des habitants. La tradition orthodoxe affirme que ce martyre se déroule à Vienne en Dauphiné. Les chrétiens de la vallée du Rhône, viennent recueillir les corps de Défendant et de ses compagnons et cachent ces reliques dans la ville de Marseille. Elles seront activement recherchées et retrouvées à la suite d’une révélation divine (« divina revelatione corpora reperta ») par l’évêque Théodore au VI° siècle. Il écrira lui-même la vie de notre saint et fait ériger sur son tombeau une splendide basilique qui, hélas, sera détruite comme l’auguste basilique de saint Victor au X° siècle, par les sarrasins.
Désireux de restaurer le culte de saint Défendant si longtemps oublié dans la cité phocéenne, Monseigneur Place, évêque de Marseille, fit construire une chapelle vicariale en 1875 dans le faubourg de Mempenti. Elle devint paroisse l’année suivante et accueille depuis 1985 la communauté vietnamienne de la ville. Le Piémont, la Lombardie et tout le Nord de l’Italie le vénèrent particulièrement, mais également l’Ile d’Elba lui a consacré plusieurs paroisses. Notre saint est invoqué dans la Nièvre pour se défendre des loups. Il est par ailleurs imploré pour éloigner les incendies et dans la vallée d’Aoste pour se préserver des avalanches.
Pensée spirituelle : "Ne soyons pas des chiens muets, ne soyons pas des guetteurs silencieux, ne soyons pas des mercenaires qui fuient devant le loup »(saint Boniface avant son martyr en 754) Courte prière : « Permets, Seigneur, que nous puissions tenir sans défaillance et proclamer la foi dont les martyrs ont su témoigner » (liturgie romaine)
La fête de St Défendent (en italien « defendente ») est fixée au 25 septembre Nous remercions l’auteur, Defendente Génolini, pour son aimable autorisation.
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LA PAROISSE SAINT-DEFENDENT
Intérieur de l'église St-Défendent
La paroisse catholique Saint-Défendent fait partie du doyenné Menpenti-La Plaine, au sein du diocèse de Marseille. Après le départ à la retraite du Cardinal Panafieu, Monseigneur Georges Pontier en est l'Archevêque. Le secteur Menpenti-Plaine regroupe la Communauté Saint-Luc qui a le statut d'Association de Fidèles Laïcs et, par ordre alphabétique, les paroisses territoriales suivantes: Notre-Dame du Mont, Saint-Défendent, Saint-Jean Baptiste, Saint-Michel et Saint-Pierre. Il semble que la paroisse qui porte le nom de Saint-Défendent est unique en France. On nous dit que Saint Défendent est un officier romain, compagnon de Saint Maurice: il serait mort martyrisé dans la région marseillaise, vers l'année 288. Dans le diocèse de Marseille, Saint Défendent est fêté le 25 septembre.
QUELQUES PHOTOS DE L'EGLISE PRISES PAR A. BLES:
Remarquez la propreté remarquable de l'édifice, grâce au dévouement d'une foule de personnalités, dont Mr Guy TEISSIER, Député et Maire des 9e et 10e arrondissements, Madame Gisèle WEISS, adjointe au Maire de Marseille, déléguée aux édifices cultuels, Mr MATTEI (ancien Directeur de la DGABC), Mr Jean Robert CAIN (chargé de Missions Orgue, ville de Marseille), Mr GAVOTTO (responsable des Travaux des Edifices Publics du 10e arrondissement). Nous n'oublions pas la présence amicale de Mr Victor FARINA (Président du CIQ de Menpenti 10e), toujours attentif à tout ce qui se passe dans le quartier...Qu'ils en soient tous remerciés. Nous y reviendrons dans un papier plus détaillé.
SOUVENIRS D’UN ANCIEN
(Voici une contribution de Monsieur Emile ALLIER, en date du 14/2/07. Nous lui disons notre sincère reconnaissance).
Oui, je dois dire que je suis un ancien de Saint-Défendent. J’ai connu cette église et sa communauté depuis longtemps, car je suis né en 1939, au N° 57 du boulevard Gilly, donc à quelques pas de cet édifice que je fréquentais. Jusqu’à la fin des années50, les lieux n’ont guère changé : puis pour des problèmes de fondation (fissures importantes) et ensuite pour des questions religieuses, le chœur et ses abords ont été modifiés.
Questions religieuses : suppression des autels latéraux, des confessionnaux, des statues, de la sainte table et plus tard du baptistère. En ce qui concerne le chœur : démolition et orientation différente du maître d’autel. Modification du mur principal soutenant la coupole, par un renfort de ceintures hautes et basses en béton armé, ainsi que des piliers avec voûte à chaque passage, créant ainsi un meilleur éclairage. Suppression des cloisons extérieures, environnantes, délimitant à droite du chœur, l’ancienne sacristie et à gauche le passage de circulation reliant l’entrée Nord à l’église. Ces nouveaux espaces, à droite et à gauche de l’autel, devenant de ce fait partie intégrante du chœur en l’élargissant, permettant ainsi aux fidèles d’entourer l’autel lors des offices.
Pour ces aménagements, il n’y avait plus de sacristie, aussi Monsieur Brun, entrepreneur de maçonnerie et maître d’œuvre, demeurant rue de Pologne, a soumis l’idée de débarrasser et d’aménager en sacristie le local situé à l’Est du chœur, et hors les murs de l’église : lequel était ajouré au Sud. Ce local sombre et peu plaisant ayant toujours servi pour entreposer les éléments de la crèche, les candélabres, les tréteaux, etc., en somme un grand débarras qui devint l’actuelle sacristie.
Pour mémoire, l’accès de l’église par l’avenue de Toulon ayant été modifié : le grand calvaire ainsi que l’accès à la cour du patronage des garçons, lesquels qui se situaient au fond de l’impasse furent supprimés. Les murs du jardin du presbytère furent enfin ôtés afin de permettre, aussi, aux véhicules d’entrer dans la cour. La grande marche en pierre de taille de l’entrée du porche remplacée par un passage de roue. Il y eut aussi l’accès vers le « clocher » par l’intérieur de l’église qui fut modifié au grand désespoir du sacristain de l’époque. Celui-ci avait alors quelques difficultés pour rejoindre la cloche. Il faisait tourner manuellement à toute volée cet engin très lourd, comme il en avait l’habitude, avant les offices. A ce sujet, il faut signaler ici, que cet homme était dévoué et discret, il a servi très longtemps la paroisse. Il demeurait avec son épouse et sa fille dans la maison sise à droite de l’église, boulevard Gilly, premier couloir après le local qui était alors une charcuterie.
Enfin, une anecdote un peu plus ancienne : à la dissolution du « Cercle des Hommes », quelle ne fut pas la surprise lors du réaménagement des lieux, de constater que ces messieurs, si droits, avaient leur installation électrique branchée directement sur le compteur de Monsieur le Curé de l’époque ! Voilà, en résumé, une partie de l’histoire de la paroisse : il me serait agréable de vous adresser, si je les retrouve, quelques photos de cette époque qui est gravée aussi dans ma mémoire.
Si je peux vous être utile dans ce domaine, n’hésitez pas de me re-contacter. Je répondrai avec plaisir. (Emile ALLIER, 14/2/2007)
LA COMMUNAUTE CATHOLIQUE VIETNAMIENNE DE MARSEILLE
offertoire
Depuis 1985, à la demande de l'Archevêché, la paroisse a accueilli la Communauté Catholique Vietnamienne du diocèse. Convivialement, les deux communautés vivent en bonne harmonie, sous la responsabilité du Père Antoine Phaï, de temps en temps aidé par un prêtre disponible.